François Milliex 20/10/2016

 

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs, chers Membres,

 

Merci Madame la Présidente, de nous recevoir dans cet hémicycle et nous permettre de débattre de la « Problématique des Metis » issus de la colonisation belge au Congo et au Ruanda-Urundi. Merci de nous donner la possibilité d’éclairer une tranche opaque mais réelle de l’histoire de notre temps.

Comme les Metis de ma génération nés dans les territoires d’Afrique sous administration belge, je suis donc un des derniers représentants belges ayant connu ce que vécurent la plupart des enfants metis nés de l’union mixte Blancs-Noirs, victimes de la ségrégation raciale en vigueur dans ses territoires.

Aujourd’hui, pour un jeune citoyen belge, même un quinquagénaire, l’histoire des metis ne lui évoque absolument rien. Elle ne figure dans aucun manuel. Il n’en a jamais entendu parler. Une quelconque responsabilité dans ce passé colonial ne le concerne pas.

Ce sont des raisons qui ont poussé les Metis à créer l’Association Metis de Belgique/Metis van België en 2015. Elle regroupe les metis issus de la colonisation belge, leurs descendants et ceux qui, 50 ans après vivent les même destins tragiques que leurs ainés des colonies.

Aujourd’hui, notre but est essentiellement la reconnaissance officielle de la souffrance causée par l’administration coloniale aux enfants metis, envers leurs parents, leur famille et leurs descendants. Et à fortiori, définir la responsabilité de l’État colonial et des Églises.

Nous avons pour mission de promouvoir et diffuser les recherches sur notre histoire. Nous voulons être consultés et informés sur toutes les décisions prises pour nous, qu’elles soient politiques, juridiques, légales, culturelles, médiatiques etc.

Enfin, l’Association recherche tout aide pour les principales injustices du régime colonial, comme la recherche des parents, des frères et sœurs, la vérité sur nos documents d’identités.

C’est pourquoi ce Jeudi de l’Hémicycle est une étape capitale, d’abord pour la dignité des metis issus de la colonisation belge et pour la Belgique un signal fort pour assumer ses responsabilités vis à vis d’un épisode confuse de son passé colonial. La mise à jour de ce passé va enfin permettre de rompre ce lourd secret de famille et empêcher que l’histoire ne se répète dans le futur. Permettre que la mémoire ne s’efface. Permettre de faire la lumière avant que les mères et les pères ne disparaissent pour toujours.

Pour nous éclairer, Monsieur Budagwa nous expliquera comment la question Metis est devenue une affaire d’État. Il sera suivi de Madame Heynssens qui pose la question cruciale de savoir si les Metis de Save ont été volés ou sauvés d’un destin inquiétant. À sa suite écoutez successivement 3 témoignages de metis qui pour vous, se feront les messagers de nos émotions, de nos élans, de nos attentes et de nos désarrois. Et ensuite, nos questions brûlantes relatives à la nationalité belge pour les metis nés durant la colonisation belge.

Viendra ensuite le débat sur ce que pourrait faire la Belgique de ce lourd passif colonial.

Et maintenant, il est temps de vous présenter la vidéo-documentaire que nous avons produit sur le destin des Metis qu’on appelait « Mulâtres ». Que sont devenus ces enfants du péché ? Leur maman ? Leur père présumé ?

Voici, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs, ce que vous allez décrypter ce matin.